# 84 personnes sur 85 ne savent pas dessiner le logo Apple de mémoire. Ta mémoire n’est pas mauvaise : voici comment mémoriser

> Pour mémoriser, il faut de l’attention, du sens et quelques rappels espacés, puis noter le reste. Les 5 gestes qui marchent, et pourquoi noter aide à retenir.

Rubrique : Pratique. Publié le 2026-10-24, mis à jour le 2026-10-24.
Environ 6 minutes de lecture. Adresse : https://www.memorypilot.fr/blog/comment-memoriser

Pour mémoriser quelque chose, il faut faire trois choses que le cerveau ne fait pas tout seul : **y prêter attention** au moment où ça arrive, **lui donner du sens**, et **aller le rechercher** quelques fois, en espaçant. Tout le reste, note-le. La plupart des oublis ne viennent pas d’une mauvaise mémoire : l’information n’a jamais été enregistrée.

Petit test avant de lire la suite. Prends un stylo et dessine le logo Apple. La morsure, elle est de quel côté ? La feuille touche-t-elle la pomme ? Tu l’as vu des milliers de fois. Vas-y, dessine.

## Pourquoi on oublie ce qu’on a vu mille fois

En 2015, des psychologues de l’université UCLA ont demandé à 85 étudiants de dessiner le logo Apple de mémoire. **Un seul** y est arrivé. Face au vrai logo mêlé à des versions légèrement modifiées, moins de la moitié l’ont reconnu, alors que presque tous se disaient confiants avant de commencer ([Blake, Nazarian et Castel, 2015](https://www.uclahealth.org/news/release/85-college-students-tried-to-draw-the-apple-logo-from-memory-84-failed)). Même résultat en 1979 avec la pièce d’un cent américaine : presque personne ne savait la dessiner ([Nickerson et Adams, 1979](https://doi.org/10.1016/0010-0285%2879%2990013-6)).

Voir n’est pas enregistrer. Le cerveau garde ce dont il a besoin (« c’est Apple ») et laisse filer le reste, parce que rien ne lui a dit que le reste comptait. C’est pour la même raison qu’on perd [un prénom dix secondes après l’avoir entendu](https://www.memorypilot.fr/blog/pourquoi-on-oublie-les-prenoms) : tu étais là, mais ton attention était ailleurs. La bonne nouvelle, c’est qu’enregistrer s’apprend, et ça tient en cinq gestes.

![Quelqu’un tient son téléphone, un post-it plié au dos qui indique le chemin d’une salle informatique au deuxième étage, un ordinateur portable sur la table derrière.](https://www.memorypilot.fr/img/article/post-it-sur-telephone.webp)

*La version papier du geste 5 : ce qu’on n’a pas besoin de savoir par cœur va là où on l’aura sous la main. (Wesley Fryer, CC BY-SA 2.0, via Flickr)*

## Comment mémoriser : les 5 gestes qui marchent

### 1. Accorde-lui cinq secondes d’attention

La plupart des choses filent parce qu’on ne les a jamais vraiment regardées. Quand quelque chose compte, arrête-toi cinq secondes et **dis-le à voix haute**, même tout bas : « les clés sur l’étagère de l’entrée ». On retient mieux ce qu’on prononce que ce qu’on lit seulement, c’est l’[effet de production](https://doi.org/10.1037/a0018785) (MacLeod et ses collègues, 2010). Ça protège aussi de [l’effet de la porte](https://www.memorypilot.fr/blog/pourquoi-on-oublie-en-passant-une-porte), qui efface une intention quand on change de pièce.

### 2. Demande-toi ce que ça veut dire pour toi

Une information isolée glisse ; une information accrochée à ce qu’on sait déjà reste. Dans une série d’expériences devenue classique, Fergus Craik et Endel Tulving ont montré en 1975 qu’on retient bien mieux des mots quand on réfléchit à leur **sens** que quand on regarde comment ils s’écrivent ([Craik et Tulving, 1975](https://doi.org/10.1037/0096-3445.104.3.268)). Pose-toi donc une question : « ça me rappelle quoi, et pourquoi ça compte pour moi ? » Le code de la porte, 1789 ? La Révolution. C’est rangé.

### 3. Teste-toi au lieu de relire

Relire donne l’impression de travailler et sert peu. Fermer le livre et essayer de se rappeler sert beaucoup : dans une expérience célèbre de 2006, les étudiants qui s’étaient exercés à rappeler un texte en retenaient bien davantage une semaine plus tard que ceux qui l’avaient relu ([Roediger et Karpicke, 2006](https://doi.org/10.1111/j.1467-9280.2006.01693.x)). C’est l’[active recall](https://www.memorypilot.fr/blog/active-recall-fiches-de-revision), et il marche aussi bien pour une liste de courses que pour un partiel.

### 4. Espace les rappels

Un rappel le lendemain, un autre quelques jours après, un dernier une ou deux semaines plus tard : trois rappels courts valent mieux qu’une longue séance. Une vaste étude sur plus de 1 300 personnes a montré que le bon écart entre deux révisions grandit avec la durée pendant laquelle on veut se souvenir ([Cepeda et ses collègues, 2008](https://doi.org/10.1111/j.1467-9280.2008.02209.x)). Chaque rappel fait remonter [la courbe de l’oubli](https://www.memorypilot.fr/blog/courbe-de-l-oubli).

### 5. Note tout le reste

Ta mémoire est douée pour les idées, les visages et les histoires. Elle est mauvaise pour les codes de porte, les rendez-vous et les dates qui reviennent une fois par an. Ne l’entraîne pas à ça : range [codes et mots de passe](https://www.memorypilot.fr/blog/ou-ranger-ses-codes-et-mots-de-passe) en lieu sûr, mets [les anniversaires](https://www.memorypilot.fr/blog/rappel-anniversaire) dans un rappel annuel, et garde ton attention pour ce qui la mérite.

**La seule règle à garder**

**Ce que tu dois savoir par cœur, rappelle-le. Ce que tu dois seulement retrouver, note-le.** C’est le mélange des deux qui donne l’impression d’avoir une mauvaise mémoire.

C’est à ça que sert [MemoryPilot](https://www.memorypilot.fr/) : tu dis « le code du portail, c’est 4512B » ou « les enfants de Sam s’appellent Léa et Tom » avec tes mots, et plus tard tu demandes, tout simplement. Pas de dossiers, pas d’étiquettes, et la réponse arrive avec la note d’où elle vient.

## La surprise : noter aide à retenir la suite

On peut craindre que tout noter rende la mémoire paresseuse. Les chercheurs Benjamin Storm et Sean Stone l’ont testé. Des étudiants étudiaient un premier fichier, puis un second. Quand ils pouvaient **enregistrer** le premier avant de passer au suivant, ils retenaient mieux le second. L’effet disparaissait quand l’enregistrement n’était pas fiable ([Storm et Stone, 2015](https://www.psychologicalscience.org/news/releases/saving-old-information-can-boost-memory-for-new-information.html)).

Autrement dit : quand ta tête sait qu’une chose est rangée en sécurité ailleurs, elle cesse de s’y accrocher et fait de la place pour la suite. Noter les bonnes choses n’affaiblit pas la mémoire. Ça la libère, à une condition : l’endroit où tu notes doit être un endroit auquel tu fais confiance pour te le rendre.

Un dernier mot. Les oublis du quotidien sont normaux. Mais s’ils s’aggravent sur quelques mois, gênent la vie de tous les jours ou inquiètent ton entourage, parles-en à ton médecin : ça mérite mieux qu’une liste d’astuces.

## Questions fréquentes

### Comment mémoriser plus facilement ?

Accorde quelques secondes d’attention complète à l’information, dis-la à voix haute et relie-la à quelque chose que tu connais déjà. Ensuite, teste-toi au lieu de relire, le lendemain puis quelques jours plus tard. Pour ce que tu dois seulement retrouver, comme les codes ou les dates, note-le dans un seul endroit de confiance.

### Pourquoi j’oublie tout si vite ?

Le plus souvent parce que l’information n’a jamais été enregistrée : l’attention était ailleurs au moment où elle est arrivée, ou rien ne la reliait à ce que tu sais déjà. En 2015, à UCLA, un seul étudiant sur 85 a su dessiner le logo Apple de mémoire. Si les oublis s’aggravent ou t’inquiètent, parles-en à un médecin.

### Comment mémoriser rapidement ?

Lis ou écoute une fois avec une attention complète, puis ferme tes notes et essaie de te rappeler tout de suite. Vérifie ce qui manque, et recommence plus tard dans la journée puis le lendemain matin. Des rappels courts et espacés marchent mieux qu’une longue relecture, et donner du sens à l’information la fait tenir plus vite.